Comment augmenter votre salaire net ?

Conseils pour gérer votre salaire brut

L’impôt sur le revenu change de visage bientôt. Le prélèvement à la source est annoncé pour le 1er janvier 2019. De quoi nous faire scruter de prêt notre fiche de salaire, et nous demander si notre porte-monnaie va tenir le coup cette année.

Le principe du salaire net par rapport au brut

Le salaire brut, c’est le montant d’argent que coûte l’employé à son employeur, cotisations sociales comprises. C’est généralement le montant de salaire indiqué à la signature d’un contrat de travail. Le salaire net, c’est ce que l’agent touche réellement à la fin de chaque mois. La fiche de paye donne le détail des cotisations.

On calcule donc son salaire net en ôtant les charges salariales de son montant. Les charges, ce sont, pour ne citer que les principales, la CSG (contribution sociale généralisée), la CRDS (contribution à la réduction de la dette sociale), les cotisations de sécurité sociale (assurance maladie, maternité, invalidité, décès), les cotisations de chômage et les cotisations de retraite complémentaire. Cliquez sur le lien suivant pour effectuer le calcul du salaire brut net

A priori, il faut procéder à une simple soustraction, pour obtenir le salaire net à partir du salaire brut. Une nuance est cependant à insérer dans le calcul: le montant des charges est différent selon qu’il s’agit du salaire d’un cadre (28% de charges environ par rapport au salaire brut), d’un non cadre (22% de charges), ou encore d’un agent de la fonction publique (15%de charges). Il est également diffèrent selon l’âge de l’employé, et selon le département de son lieu de travail.

Pourquoi parler en brut pour demander une augmentation

Vous avez plus de chances d’être entendu si vous parlez en salaire brut lorsque vous demandez une augmentation de salaire. Vous utilisez ainsi le langage naturel de l’employeur. Le salaire brut, c’est ce que lui coûte une embauche. En vous basant sur ce montant, vous prenez en compte la pérennité financière de l’entreprise, et ses possibilités réelles de trésorerie. Vous hissez le débat plus haut que votre seule fiche de paye. Vous pouvez aussi négocier plus facilement des avantages en nature attenants à la fiche de paye : remboursement des frais de téléphonie ou d’essence, voiture de fonction...

En cas d’échec de cette demande individuelle d’augmentation de salaire, il n’est pas sûr que votre salaire soit augmenté annuellement du fait d’un mouvement globa

Hormis le cas du SMIC, qui est revalorisé chaque année par le gouvernement, les salaires plus élevés par rapport à ce plancher dépendent des règles fixées dans les diverses conventions collectives, et ne sont aucunement augmentés en fonction de l’évolution de l’indice des prix de l’INSEE.

Quelques explications sur les cotisations salariales et patronales

Les cotisations salariales et les cotisations patronales ont toutes deux le même objectif, celui de financer la couverture sociale des salariés (maladie, chômage, vieillesse…). Mais elles n’ont pas le même payeur. Les cotisations patronales sont à la charge de l’entreprise, alors que les cotisations salariales sont à la charge du salarié. Elles sont en fait retenues sur son salaire, pour être directement reversées par l’entreprise au bénéfice des organismes collecteurs (caisses d’assurance maladie, chômage, vieillesse…). Cela étant, les cotisations salariales constituent en quelque sorte un salaire indirect, puisqu’elles vont financer directement les prestations sociales. Elles opèrent une redistribution de la richesse nationale.

Quel sera l’impact du prélèvement à la source

Le prélèvement à la source, c’est le nouveau mode de recouvrement de l’impôt, qui sera appliqué à priori dès la première fiche de paye de janvier 2019. Il va s’opérer sur une assiette composée du salaire net, cotisations sociales déduites (ou bien, si le contribuable le choisit, après déduction de ses frais réels).

Alors qu’en 2018, les contribuables ont été comme d’habitude imposés sur leurs revenus de 2017, à partir de janvier 2019, ils payeront leurs impôts sur la base des revenus de l’année en cours, soit 2019. Il est donc inexact de parler d’année « blanche », car il n’y aura pas d’année sans collecte d’impôt (quel dommage !).

L’année 2018 est une année de transition, scrutée de prêt par l’administration fiscale : les revenus perçus sur 2018 ne seront pas imposés, sauf les revenus « exceptionnels » tels que revenus perçus sur des produits financiers (actions, obligations) ou les plus-values sur des ventes immobilières. Ceux-là seront soumis à l’impôt en septembre 2019. Nous voilà rassurés. En outre, les niches fiscales correspondant à des dépenses effectuées en 2018 (par exemple, les services à domicile, les frais de garde d’enfant) ne seront pas annulées. Elles continueront de bénéficier au contribuable, sous la forme d’acomptes de crédit d’impôt et seront versées en décalé sur 2019.

Au vu de ces éléments, il ne semble pas que le prélèvement à la source soit le grand méchant loup qui épuisera nos capacités d’achat en 2019. Il lissera ces capacités sur l’année, sans les amoindrir globalement. Certes le contribuable aura un salaire un peu moins élevé chaque mois, mais il ne payera plus l’impôt une à trois fois par an, ou de façon mensualisée.

Toute autre est la question de l’impact psychologique du prélèvement à la source : les spécialistes s’accordent à penser qu’il entrainera une petite baisse frileuse de la consommation, dans un premier temps.

En dépit d’annonces périodiques qui évoquent un abandon de la réforme, cette dernière semble bel et bien en marche. Les contribuables avaient jusqu'au 15 septembre 2018 pour choisir leur taux de prélèvement à la source (personnalisé, individualisé, ou non personnalisé).